Hanen BOUAMOUD (doctorante)

École doctorale : CLESCO
Équipe de recherche : UMR EFTS

Direction : Nicolas Hervé (ENSFEA) & Hayet Saoudi

Titre : Appréhension du forçage génétique à l’université selon une double perspective : Socio-scientifique et prospective. Contribution à l’éducation à l’incertitude pour l’éducation au futur. Cas des futurs enseignants de SVT Tunisiens et Français.

Résumé : Cette recherche s’inscrit dans le cadre de l’éducation aux technosciences controversées et de l’éducation aux incertitudes et au futur puisque nous vivons à l’ère des incertitudes, d’après Funtowicz & Ravetz (1993).  En effet, « les futurs de l’éducation » ou « l’éducation du futur » mettrait l’école face à l’incertitude et éventuellement à la notion de risque (Nedelec, Simonneaux, et Molinatti, 2017).
Dans le cadre de ce projet de thèse, nous envisageons d’explorer une Question Scientifique Socialement Vivre porteuse d’incertitudes qui tourne autour du forçage génétique, une technoscience controversée « sur le front de la recherche » (Simonneaux & Albe, 2008). Actuellement, le forçage génétique est à l’état de test dans les laboratoires (Stein, 2019). Il constitue donc un secteur en plein essor qui interpelle la pensée prospective et la pensée critique. Il est aussi un sujet qui génère de grandes questions auxquelles les sociétés et les communautés scientifiques sont incapables de répondre avec certitude et universalité.
Dans ce contexte, nous menons notre recherche auprès d’étudiants de SVT Tunisiens et Français. Il s’agit de futurs enseignants potentiels de SVT.
Nous commençons, tout d’abord, par construire un questionnaire portant sur les technosciences en général et le forçage génétique en particulier, pour s’en servir dans un premier temps, comme pré-test auprès des futurs enseignants de SVT Tunisien et Français, dans le but de recueillir leurs conceptions initiales. Ensuite, dans un deuxième temps, il s’agit de visualiser en classe, une série de séquences vidéo sur les technosciences et le forçage génétique. Ces séquence vidéo ont la particularité de mettre en relief les controverses, les avantages et aussi les risques potentiels relatifs au forçage génétique. Nous comptons, au même temps, investir ce dispositif didactique au profit de l’éducation au futur. Nous allons inviter les étudiants à construire deux images distinctes du futur : une image relative à un futur plausible et une autre image relative à un futur souhaitable puis ils vont traduire ces images construites en scenarios.
Et afin de positionner notre expérimentation dans une perspective de « l’éducation à l’incertitude », dans la phase qui va suivre nous allons nous baser sur la réflexion d’Edgar Morin montre qui montre que pour affronter l’incertitude il faut opter pour une stratégie. (Morin & Le Moigne, 1999). Ainsi, les étudiants seront appelés à proposer une stratégie pour affronter l’incertitude, le hasard, la contingence et le risque afin de pouvoir orienter l’évolution du futur vers l’image du futur souhaitable. Enfin, dans un dernier temps il s’agit de repasser le questionnaire pour faire l’objet d’un post-test.
A travers cette méthodologie de travail, nous cherchons à faire émerger un changement conceptuel chez ces futurs enseignants de SVT Tunisien et Français qui pourrait suivre la mise en pratique du dispositif didactique proposé.
Pour bien exploiter les réponses aux questionnaires, nous allons avoir recours à des grilles d’analyses qui vont servir pour analyser le contenu des réponses. Les critères sur lesquels nous allons nous baser, pour la construction des grilles, seront définis à la lumière des différentes réponses recueillies. Les images construites du futur ainsi que les stratégies proposées, vont faire l’objet d’une analyse qualitatif.
La visée comparative, entre les résultats des deux contextes Tunisien et Français, se prête à constituer l’un des axes principaux de notre projet de thèse.

Mots-clés : forçage génétique ; scénario prospectif ; QSV ; éducation à ; étudiants de SVT ; dispositif didactique.

 
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